Du aïe/ouch au oups/oops

Pendant le Rassemblement A a eu lieu un atelier Genre interrogeant nospratiques de reproduction des dominations de genre au sein d’Ades. Entre autre choses, une proposition concrète en est sortie: utiliser l’outil Ouch – Oups. Pour introduire ces onomatopées, un billet écrit à quatre mains.

Je suis un homme. J’ai beau penser que les femmes et les hommes sont égaux ou devraient l’être ; j’ai beau discuter souvent avec mes amies féministes et être d’accord avec elles ; j’ai beau pratiquer un sport en équipe mixtes ; j’ai beau considérer qu’en tant qu’homme j’ai à gagner d’une relation plus égalitaire ; il m’arrive d’être sexiste – dans mes mots, dans mes gestes ou dans certains de mes comportements, parfois sans le vouloir, souvent sans m’en apercevoir, toujours en reproduisant des mécanismes de domination que j’ai intégré. AÏE. J’ai souvent du mal à le reconnaître, je ne fais jamais vraiment exprès, mais c’est là. Et en face de moi, il y a quelqu’un qui me reçoit. C’est elle.

Et en face de moi, il y a cet homme. J’ai beau avoir vécu cette situations des centaines de fois, j’ai beau en avoir discuté avec mes ami.e.s ; j’ai beau être sympa ; j’ai beau l’apprécier ; j’ai beau avoir de l’humour et être capable de prendre les choses avec philosophie ; le sexisme, c’est moi qui en suis la victime – dans les mots qu’on m’adresse, dans les traitements que je reçois, et même parfois dans ma chair. Je suis victime de mécanismes de domination que j’ai intégré. AÏE. Je sais et je dois découvrir avec effort que des choses ordinaires peuvent être porteuses de violences et d’oppressions pour moi et pour les autres femmes. Mais parler de ces oppressions et de ces violences n’est pas une chose aisée…

Parce qu’on est en groupe, qu’on n’est pas là pour discuter de ça, qu’on a plein de choses à faire, à dire et à penser ; parce qu’on est simplement posés ; parce que ce n’est pas le bon moment, … Mais on doit trouver un espace pour pouvoir dire et entendre tout ça, afin de prendre conscience qu’on a tous à gagner à ce que ça change.

Ceci est un outil pour elle et pour lui, pour chacune et chacun, afin de nous permettre d’avancer ensemble et de dépasser cette relation de domination qui au fond nous enferme ; usons-en dans la bienveillance au sein de nos différents groupes, à ADES et ailleurs.

Quand quelqu’un se sent blessé ou interpelé par des mots, des gestes ou des comportements de quelqu’un d’autre, qu’il dise « aïe* » de manière audible. La personne concernée, si elle comprend qu’elle a reproduit un mécanisme de domination, peut le signaler en s’excusant par un « oups ». Si elle ne comprend pas, ou estime que son intension a été mal comprise, elle continue sans rien dire. Quoiqu’il en soit, on n’interrompt pas à chaud la discussion en cours, mais dans tous les cas, on est invités à en reparler à la fin de personne à personne ou en petit groupe.

Rappelons-nous que s’il n’est pas facile d’être accusé de sexisme, le sexisme n’est pas non plus facile à dénoncer, mais qu’il y a un enjeu à construire une solidarité pour dépasser ces rapports de domination.

* Ouch

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