Notre récit…

Pourquoi un·e raton-laveur ?

Nous étions chacun·e d’un côté de la ville et de la campagne, de la rivière et de la montagne. Porté·e·s par un projet collectif, un appel irrésistible, plusieurs se sont regroupé·e·s et ont posé les bases du réseau. Aujourd’hui nous sommes et rassemblé·e·s et dispersé·e·s. De nombreux-ses autres nous ont rejoint·e·s aux croisements de chemins ; nous enflons en toute discrétion, éparpillé·e·s dans les replis de la ville, entre centre et périphéries. Et dans notre tanière, nos nids temporaires, nos communs repaires, par petits groupes, on se retrouve, on rafistole, on discute, on s’organise. On passe à l’action. En frottant nos pelages et nos expériences, nous apprenons. 

Nous sommes masqué·e·s. Peu nous importe la reconnaissance. Rapides et habiles, on se faufile dans les interstices d’autres mondes possibles. On se bat dans des luttes qui nous dépassent mais dont l’ampleur ne nous effraie pas. Et dans ce combat, nous ne sommes pas seul·e·s. On s’allie avec les castors et les pigeons, les rats et les escargots, les renards, cigales et autres oiseaux. Et si nous sommes petit·e·s, fonder un jugement sur notre taille serait une erreur fatale car nous sommes vilainement rusé·e·s. Sous notre pelage, rayé des luttes additionnées, bat un pouls à l’unisson d’un rythme différent.

Notre chemin ?

Grignoter le goudron, ronger les fondations, éclater le béton du monde qui uniformise et oppresse. Semer les graines d’autres futurs, faire pousser du lierre d’égalité, construire des cabanes émancipatrices, tel est notre horizon. Ancré·e·s dans le sol avec nos griffes tenaces, nous souhaitons fissurer la chape néolibérale, raciste et patriarcale pour permettre que germe, par en bas, un futur postcapitaliste et joyeusement militant.